reparer-les-vivants

Je suis impressionnée par la facilité avec laquelle l'auteur nous fait entrer dans la peau de chaque personnage, dans sa tête et dans son corps plus précisément.
J'ai surfé avec Simon, souffert avec Marianne, me suis révoltée avec Sean, en ai voulu à Simon avec Juliette, etc.

Contrairement à ce que j'ai pu entendre, ce roman n'est pas le récit de la transplantation avec tous ses détails médicaux, ce n'est que le chapitre final. Mais tout converge vers elle, c'est ce cheminement intérieur et extérieur aux personnages que l'on suit.
Le passage que j'ai trouvé le plus impressionant est celui où Marianne n'a pas encore annoncé la nouvelle à Sean, chaque élément décrit à l'air tellement juste.... jusqu'à la chanson de Bashung dans le café dont les paroles sont comme une cruelle coïncidence.
p 87 : "Marianne entend cet homme qui l'appelle et elle pleure, traversée par l'émotion que l'on ressent parfois devant ce qui, dans le temps a survécu indemne, et déclenche la douleur des impossibles retours en arrière"

L'écriture m'a parue familière, leur structure, le choix des mots, je ne sais pas très bien mais les phrases m'ont emportées où, me semble-t-il, l'auteur voulait que j'aille. Dans le choc de l'accident, la douleur de Marianne puis de Sean, la volonté de convaincre de Thomas, le calme des chirurgiens. Le récit ne va pas crescendo, au contraire, il est comme apaisé sur la fin. Comme si moi aussi j'avais été convaincue par le discours médical, la transplantation doit avoir lieue, elle devient évidente.

Ce roman soulève aussi beaucoup de questions sur la vie, son arrêt, sur sa prolongation, sur le rôle que doit tenir chacun des protagonistes d'un tel drame, c'est une expérience à lire, que j'espère ne jamais vivre.

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